Urb1 
2015 - work in progress 




Canalisations rouillées,  câbles grignotés, lumières grésillantes, ventilations essoufflées... Tels sont les vestiges encore frais d'un système replié sur lui même, n’ayant pu échapper à l'auto-destruction absurde, consciente. Les humains ont enfin disparus. Il se sont auto-digérés. Dissous dans l'acidité de leurs propres entrailles. Les pigeons et les rats, gris sur le béton, demeurent les êtres les mieux adaptés à ce terrain de jeu abandonné. Ils naissent en masse, grouillent, et se décomposent, comme nous autrefois.


La lumière clinique et javellisée assèchent les yeux. Mais l'atmosphère n'est pas aseptisée pour autant, loin de là. Les odeurs âcres de la pisse et du sang coulants sur la merde et la chair en décomposition brûlent les muqueuses jusque dans la profondeur des poumons. Reste t-il une goutte d'eau potable quelque part ? Désormais, mieux vaut ne rien toucher directement. 


À la dérive dans ce décor, confiné dans les couloirs du réseau, accablé, rivé au sol, le regard n’atteint plus jamais le ciel. Usant l'ultime barre de batterie, il tante d'immortaliser et espère transmettre une énième et dernière bouteille de plastique à la mer.


Que restera-t-il de notre passage dans cette existence si ce n'est une fine strate sédimentaire composée de fossiles de poulets Loué et de déchets radioactifs ?

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